A quoi a servi le dernier sommet du G20 ? Tout le monde a plus ou moins un avis en fonction de ce qu’étaient ses attentes. Si on veut bien sortir des slogans faciles du style “ce fut un G vain”, il faut retenir deux éléments :
Depuis la chute du mur de Berlin, des pays émergents comme la Chine et, dans une moindre mesure, l’Inde et le Brésil ont en revanche connu un développement considérable. La Chine est devenue ce qu’on nomme “l’usine du monde” tandis que l’Inde peut prétendre au titre de “back office du monde” grâce à ses succès dans l’informatique et l’électronique. Il était donc plus que temps de remplacer le G7, dont les communiqués lénifiants sur les politiques économiques et les échanges commerciaux n’intéressaient plus que les marchés financiers, pour mieux prendre en compte la réalité du monde. Le G20 représente 85% de la richesse mondiale. Certains dénoncent l’absence de pays pauvres dans cette instance mais le G20 est clairement plus représentatif. Surtout, sa création consacre le basculement du monde vers l’Orient. Nous sortons d’un monde centré sur l’Europe et les Etats-Unis pour un monde réellement mutipolaire.
Mais, contrairement à ce qu’on pouvait espérer, le G20 ne remplace pas tout à fait le G7 puisque les ministres des Finances et les gouverneurs de banque centrale continuent de se réunir à sept. Ce sera le cas ce week-end à Istanbul. On peut objecter que les questions monétaires sont traitées essentiellement par la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon ainsi que la Banque d’Angleterre (BoE). Mais si ce sujet, qui détermine beaucoup d’autres, reste l’apanage des grandes nations industrialisées on se demande ce que le G20 pourrait faire. Après tout, la Chine, qui ne fait pas partie du G7 bien qu’étant désormais la troisième économie mondiale, détient les premières réserves de change de la planète. La moindre décision de Beijing peut avoir des conséquences sur le niveau du dollar et de l’euro. Les questions financières doivent donc impérativement être traitées au sein du G20. Faute de quoi, cette instance prometteuse ne sera qu’un gigantesque barnum comme l’était le G7.