par Caroline Newhouse-Cohen, économiste chez BNP Paribas
Aux Etats-Unis, les signes d’un ralentissement de la croissance se multiplient. En particulier, le marché immobilier, qui montrait, au début du printemps, des signes de redressement, pâtit désormais de l’expiration du crédit d’impôt immobilier (à la fin d’avril). Les données récentes ne sont guère encourageantes à cet égard. Les mises en chantiers de maisons ont reculé de 5% en juin, en baisse pour le deuxième mois consécutif, après déjà environ -15% en mai (contre 10% en première estimation). Les ventes de maisons anciennes se sont repliées de 5,1% en juin, après -2,2% en mai.
Par ailleurs, les enquêtes de confiance dans le secteur, comme le National Association of Home Builders Index, qui a reculé de 16 en juin à 14 en juillet, son niveau le plus bas depuis avril 2009, ne permettent pas d’envisager une embellie à court terme. A contrario, les permis de construire, qui sont un bon indicateur avancé à un ou deux mois, des mises en chantier, ont progressé de 2,1% en juin, après avoir chuté de 10,9% et 5,9% en avril et mai respectivement.
Dans ce contexte, toute l’attention des marchés s’est tournée vers l’intervention semestrielle de Ben Bernanke devant le Congrès, mercredi. Le Président de la Reserve Fédérale a rappelé, à cette occasion, que les « perspectives économiques étaient inhabituellement incertaines et la reprise plus modérée que prévu ». Il a aussi cité ce que pourraient être de nouvelles mesures de stimulus monétaire :
Tout cela dépendra bien sûr de l’évolution de la conjoncture économique et financière. Toutefois, le discours s’est déjà durci. En outre, selon M. Bernanke, la majorité des membres du FOMC considèrent que les risques sont à la baisse de la croissance et au maintien de l’inflation sous l’objectif implicite de la Banque centrale pendant plusieurs années. Au total, la normalisation de la politique monétaire ne figure plus au centre des préoccupations de la Fed comme c’était le cas encore récemment. Alors que les inquiétudes au sujet de la zone euro ont tendance à s’atténuer, cette nouvelle donne monétaire est moins favorable au dollar, même si la parité EUR/USD reste susceptible de s’approcher de 1,15 d’ici à la fin de l’année.
Dans la zone euro, les tests de résistance, publiés par le Comité européen des superviseurs bancaires (CEBS1) vendredi 23 juillet, avaient pour objectif de mesurer la solidité et la solvabilité de 91 banques de l’Union européenne (soit 75% des banques de vingt pays de l’Union2) en cas de nouveaux chocs sur les marchés financiers. Le scénario adverse suppose un PIB en retrait de 3% sur deux ans par rapport au scénario central retenu par la Commission européenne pour l’Union européenne (1,0% en 2010 et 1,7% en 2011) « augmenté » d’une hypothèse de perte sur certaines dettes souveraines (hors portefeuille d’investissement, et sans restructuration ou défaut). Selon le scénario adverse, les pertes se monteraient, sur une base agrégée, à EUR556 milliards pour 2010 et 2011. Le ratio Tier-1 reculerait de 10,3% fin 2009 à 9,2% fin 2011, à comparer avec un minimum réglementaire de 4% et un seuil de 6% fixé pour cet exercice. Dans le détail et comme attendu, la majorité des banques de la zone euro ont passé les tests avec succès. Seuls sept établissements verraient, dans le cas du scénario adverse, leur ratio passer sous 6% Ces quelques établissements3, largement pressentis depuis plusieurs semaines déjà, devraient être incités par leurs autorités réglementaires respectives à procéder à une augmentation de leurs fonds propres pour repasser au-dessus du minimum requis. L’issue plutôt positive de cette initiative européenne devrait contribuer à une meilleure fluidité des transactions interbancaires.
En outre, elle devrait rassurer les marchés sur la capacité des banques à financer l’économie et donc, in fine, à soutenir la reprise économique.
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