Alors on danse

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Par Cyrille Geneslay, Gérant Allocataire chez CPR AM

Les ponts, les verres, et plus généralement l’ensemble des objets vibrent à une fréquence qui leur est propre. Et s’il advient, par hasard, qu’ils soient attisés par un stimulus extérieur de même fréquence, ils se mettent alors à onduler, à se tordre, voire à danser sous l’effet répété de ce phénomène périodique. On dit communément qu’ils entrent en résonance. Mais lorsque l’objet résonnant a accumulé trop d’énergie, l’amplitude des vibrations devient telle qu’elle excède ses capacités d’amortissement et là, c’est le drame : le verre éclate et le pont s’effondre.

Depuis l’élection de Donald Trump, les marchés ont pris l’habitude de vivre au rythme de ses tweets et à la fréquence de ses discours simplistes. De la mise en place d’une réforme fiscale contra-cyclique à la volonté assumée d’entrer en guerre commerciale, chaque nouvelle tirade excite les marchés financiers, les impactant toujours plus fortement. Ce bruit parasite, dont la portée semblait pourtant limitée, pourrait bien entrer en résonance avec les marchés les conduisant progressivement à la rupture.

C’est ce qu’anticipe notre scénario de tensions commerciales (20 %). Dans celui-ci, la fin des entretiens publics aux US laisserait le champ libre à Donald Trump pour une nouvelle salve d’augmentation des droits de douane à l’encontre de la Chine, déclenchant une réaction en chaine. Dans ce contexte anxiogène, la dynamique bénéficiaire des entreprises américaines s’en trouverait amoindrie, entrainant de facto les marchés actions à la baisse. Parallèlement en Europe, la présentation prochaine du budget italien, qui devrait passer d’un excédent primaire à un fort déficit, couplée avec les atermoiements sur le Brexit sont autant de sources de stress supplémentaires que pourrait connaître un marché pour le moins fébrile. Dans ce scénario de « vives tensions en Europe » (30 %), seules les actions européennes pâtiraient du contexte politique baissant de plus de 7 % sur les trois prochains mois.

Enfin, la « poursuite de la bonne dynamique de la croissance mondiale » reste notre scénario central (50 %) pour ce mois de septembre. La hausse des marchés actions resterait somme toute mesurée, oscillant entre 2 et 5 % en fonction des zones. Au niveau obligataire, la normalisation serait lente, progressive.

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