Politiques

BCE : pas de « saut quantique » à Francfort

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par Frederik Ducrozet, économiste au Crédit Agricole

  • Lors de sa conférence de presse du 10 juin, la BCE n’a fourni aucun détail sur le programme de rachats de dette publique.
  • Elle s’en est tenue au minimum syndical sur le front de la liquidité, en annonçant des opérations de refinancement à trois mois illimitées jusqu’en septembre. Ces décisions reflètent probablement l’optimisme mesuré de la BCE vis-à-vis du secteur bancaire, mais aussi sa volonté de rester flexible dans les mois qui viennent.

Zone euro : le pire est loin d’être sûr

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par Eric Vergnaud, économiste chez BNP Paribas

L’Allemagne a annoncé en début de semaine un plan d’économies budgétaires sans précédent, avec une baisse de 80 milliards d’euros d’ici à 2014, dont 11 milliards dès 2011. L’objectif est de ramener le ratio de déficit sur PIB sous 3% dès 2013. Le gouvernement a renoncé à augmenter les prélèvements fiscaux directs et la TVA (comme cela était pourtant demandé par une partie de la coalition). Seules les dépenses de l’Etat fédéral sont concernées. Les prestations sociales seront fortement touchées, avec une réduction des aides aux chômeurs et aux bénéficiaires des minima sociaux qui devrait permettre d’économiser 4,3 milliards. De même, les aides au congé parental seront diminuées, ainsi que les allocations familiales.

Qu’est-ce que les marchés reprochent à la zone euro ?

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par Alexandre Bourgeois, économiste chez Natixis

Depuis la fin d’année dernière, la zone euro est sous le feu des projecteurs des marchés financiers. Une par une, les obligations publiques de la plupart des Etats européens ont été attaquées. Cela avait commencé « discrètement » avec l’Irlande qui, après avoir connu, depuis son entrée dans l’union monétaire, des « taux quasi-germaniques », avait enregistré, dès la fin 2008, un écartement significatif de ses spreads face au Bund. Très vite, pourtant, c’est l’épisode grec qui a mis le feu aux poudres1. Depuis lors, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie ont été confrontées à des hausses de leurs taux.

BCE et Réserve fédérale : portraits croisés sur fond de crise financière

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par Clemente De Lucia etJean-Marc Lucas, économistes chez BNP Paribas

La crise financière des dernières années a contraint les banques centrales à adopter des politiques exceptionnellement accommodantes. Les taux directeurs ont été abaissés à des niveaux extrêmement bas, et de nombreuses mesures de politique monétaire non conventionnelles, consistant le plus souvent en des facilités de crédit innovantes et des achats de titres, ont été mises en œuvre.

A partir de quelques questions, nous revenons sur les mesures adoptées par la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale au cours des dernières années, pour tenter de dresser des portraits croisés des deux banques centrales dans ce contexte de crise. Nous précisons également les enjeux et les défis représentés par la sortie de ces mécanismes de soutien exceptionnels et indiquons nos attentes en matière de remontée des taux directeurs.

Espagne : dégradée mais bien dans son AA+

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par Nathalie Navarre, stratégiste chez Amundi Asset Management

En dégradant la note souveraine de l‘Espagne de AAA à AA+, l’agence Fitch a invoqué le fait que l’ajustement des déséquilibres économiques et financiers allait peser sur les perspectives de croissance. De fait, la bulle immobilière a généré un fort endettement, creusé les déficits courants et longtemps caché la nécessité de réformer le marché du travail. Par ailleurs, le système bancaire, très exposé au secteur immobilier, se révèle aujourd’hui fragilisé et surdimensionné. Nous considérons que la croissance potentielle espagnole sera plus faible que dans le passé (de l’ordre de 1,5% contre 3,5% dans les années 2000).

Pays-Bas : un vote en faveur de la consolidation budgétaire

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par Raymond Van der Putten, économiste chez BNP Paribas

  • Les stratégies de sortie de crise ont été le thème principal de la campagne électorale.
  • Tous les partis s’accordent sur la nécessité de réduire le déficit budgétaire mais non sur l’ampleur du programme d’austérité ou sur les politiques à mettre en œuvre pour y parvenir.
  • À long terme, la quasi-totalité des partis ciblent l’objectif de réduction du déficit structurel de 4,5 %, nécessaire pour ramener le solde budgétaire à un niveau soutenable.
  • Les enquêtes d’opinion suggèrent que le VVD, le parti libéral conservateur, pourrait l’emporter.
  • Le prochain gouvernement devrait présenter un programme d’économies substantielles, de l’ordre de 15 milliards d’euros, probablement, soit 2,5 % du PIB, pour les quatre années du mandat (2011-2014).

Etrange communiqué du G20

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par Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique de Natixis Asset Management

Très étrange ce communiqué du G20. Il semble être passé à côté des préoccupations des marchés.

Il y avait vendredi 4 et samedi 5 juin une réunion des ministres des finances et des banquiers centraux à Busan en Corée du sud. Dans le contexte d'aversion au risque qui caractérise actuellement les marchés financiers, on pouvait espérer un communiqué susceptible d'infléchir les anticipations des acteurs économiques et financiers.

Il n'en a rien été. Le rapport de force entre les marchés et les autorités n'a pas évolué en faveur de ces dernières.

Il y a quatre points marquants dans le premier paragraphe du communiqué qui porte sur la macroéconomie

États-Unis : de bons chiffres ne font pas un bon rapport sur l’emploi

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par Hélène Baudchon et Cécile Duquesnay, économistes au Crédit Agricole

  • 431 000 emplois salariés non agricoles ont été créés en mai et le taux de chômage retombe à 9,7 %.
  • Malgré son léger repli à 59,7, l’enquête ISM sur le climat des affaires dans le secteur manufacturier renvoie toujours le message d’une reprise industrielle solide. L’indice ISM relatif au secteur non manufacturier se stabilise à 55,4.

Le rapport sur l’emploi du mois de mai laisse perplexe. Les principaux chiffres sont bons en apparence (431 000 créations nettes d’emplois salariés non agricoles, dont 411 000 pour le seul recensement, recul du taux de chômage à 9,7 %). Mais les détails du rapport ne le sont pas, en tout cas bien moins encourageants qu’en avril.

Peut-on vraiment parler de l’Allemagne comme d’un “modèle économique” ?

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par Alexandre Bourgeois, économiste chez Natixis

On présente souvent l’Allemagne comme un modèle économique pour les autres pays de la zone euro. Cette affirmation peut toutefois paraître un peu rapide ou, en tout cas, incomplète. Certes, sur le plan budgétaire, le premier pays de la zone euro fait figure, depuis quelques années, d’exemple pour ses voisins. Fruit d’un accord entre le SPD et la CDU-CSU lors de l’épisode de « Grande Coalition » (2005-2009), la politique budgétaire a été très rigoureuse avant la crise.

Faut-il inscrire un “frein à l’endettement” dans les constitutions des pays européens ?

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par Patrick Artus, directeur de la recherche économique et des études de Natixis

Le gouvernement allemand souhaiterait que les pays européens, comme l’a fait l’Allemagne, inscrivent dans leurs constitutions un « frein à l’endettement » (Schuldenbremse). Cette idée semble gagner du terrain (en France par exemple), sur le modèle de la « Golden Rule » britannique. Cette règle prévoit qu’il ne doit pas y avoir de déficit public structurel (à partir de 2016 en Allemagne) et, de plus en Allemagne que les régions ne peuvent plus avoir de déficit (à partir de 2020). Est une règle intelligente, et faut-il la rendre très contraignante en l’inscrivant dans la constitution ?