Politiques

N’enterrons pas trop vite l’économie britannique

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par Michel Martinez, économiste chez Amundi Asset Management

Les investisseurs se montrent circonspects depuis le début de la crise à l’égard de l’économie britannique. Récemment, les marchés des changes ont mal digéré le déficit public historique enregistré en janvier ainsi que la publication d’un sondage suggérant que ni les travaillistes ni les conservateurs ne parviendraient à obtenir de majorité lors des prochaines élections législatives. Pourtant, les perspectives économiques ou des finances publiques à moyen terme nous paraissent s’améliorer.

Stratégies de sortie

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par Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis Asset Management

Depuis plusieurs semaines, les gouvernements et banques centrales évoquent la mise en place de stratégies de sortie. Après avoir pris à leur charge une grande partie des risques durant la phase aiguë de la crise financière et bancaire, ils souhaitent relâcher les contraintes qui pèsent sur leur comportement et réduisent leurs marges d’action.

Pour les banquiers centraux, le point de rupture se situe après la faillite de la banque Lehman Brothers à la mi-septembre 2008. Le marché monétaire avait alors brusquement cessé de fonctionner dans un univers de défiance extrême où les banques ne se prêtaient plus. L'intervention des banques centrales fut nécessaire pour permettre au marché monétaire de continuer à jouer son rôle et éviter que l'économie ne soit trop pénalisée. Telle fut la tâche des banques centrales.

La Grèce rassure

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par Eric Vergnaud, économiste chez BNP Paribas

Dans son dernier Beige Book, la Réserve fédérale juge la reprise de l’économie américaine encore modeste, soulignant deux points de faiblesse persistants : le marché immobilier et l’emploi.

Ainsi, en février, 36 000 postes supplémentaires ont été supprimés dans le secteur non agricole. Toutefois, ce résultat est légèrement plus favorable que la moyenne des trois derniers mois (57 000), ce qui confirme la tendance lourde à la modération des pertes d’emplois à l’œuvre depuis le début de l’année dernière.

BCE : lentement mais sûrement

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par Frederik Ducrozet, économiste au Crédit Agricole

  • La BCE a laissé son taux directeur inchangé au niveau « approprié » de 1%, tout en poursuivant la normalisation graduelle de sa politique non-conventionnelle de gestion de la liquidité. 
  • Les opérations de refinancement à une semaine et à un mois restent illimitées au moins jusqu'en octobre, mais les appels d'offres à trois mois sont conduits à taux variable et en quantités fixes.
  • La BCE soutient désormais explicitement la Grèce après l'annonce cette semaine de mesures fiscales supplémentaires de réduction du déficit, à hauteur de 2% de PIB.

Exit Strategies : attention à ne pas aller trop vite en besogne

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par Alexandre Bourgeois, économiste chez Natixis

Deux approches semblent s’opposer concernant les stratégies de sortie des politiques économiques exceptionnellement accommodantes mises en place au début de la crise. D’un côté, les autorités européennes défendent l’idée qu’une politique de réduction rapide des déficits publics (« well-orchestrated fiscal exit ») peut aider à réduire les inquiétudes des marchés concernant la soutenabilité des finances publiques et faciliter ainsi le maintien des taux d’intérêt à de bas niveaux. Dans ce cadre, elles plaident pour un retour progressif aux règles du Pacte de stabilité et de croissance (objectif : déficit public inférieur à 3 % d’ici à 2013 pour tous les états).

France : scénario 2010-2011

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par Jean-Christophe Caffet, Rova Ramandraivonona et Adèle Renaux, économistes chez Natixis

L’exercice 2009 s’est soldé, en France comme dans la plupart des pays développés, par un recul sans précédent de l’activité (-2,2%), lié pour l’essentiel à la crise de liquidité et aux six mois cauchemardesques qui ont suivi la faillite de Lehman Brothers (sept. 2008). Le léger rebond observé au T2, confirmé au T3, et la « bonne surprise » du T4 2009 ont ensuite permis de renouer avec un certain optimisme et fait naître, peut-être prématurément, les problématiques dites « de sortie de crise ».

L’arsenal de la Fed

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par Didier Borowski, économiste chez Amundi Asset Management

La Réserve fédérale (Fed) a pleinement joué son rôle de fournisseur de liquidité en dernier ressort après la faillite de Lehman Brothers. En outre, la banque centrale a fait tourner la planche à billet pour financer ses achats d’actifs. Il en a résulté un gonflement sans précédent de la taille de son bilan. Les mesures prises ont été couronnées de succès, contribuant en particulier à ramener le calme sur les marchés interbancaires. Mais à mesure que la situation macrofinancière se normalise, la Fed doit désormais convaincre les marchés que sa politique ne menace pas de générer de l’inflation. Nous revenons sur l’arsenal des mesures dont elle dispose pour neutraliser les liquidités excédentaires. La remontée du taux des fed funds n’arrivera qu’en bout de course.

Zone euro : le marché du travail continue de se dégrader

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par Clemente De Lucia, économiste chez BNP Paribas 

  •  Sur le plan historique, il existe une corrélation inverse très nette entre l’évolution du chômage et celle de la production : plus la croissance économique est rapide, plus le taux de chômage chute fortement.
  • Cette relation rapport s’est encore resserrée au cours des dernières décennies, grâce, dans une certaine mesure, aux réformes du marché du travail mises en place depuis les années 1990.
  • Au cours des prochains mois, les conditions du marché du travail devraient continuer de se dégrader, ce qui, combiné à une reprise fragile, devrait limiter les pressions inflationnistes pour les mois à venir.
  • La BCE présentera ses nouvelles prévisions d’inflation lors de la prochaine réunion du conseil des gouverneurs. Les chiffres annoncés devraient rester bien en deçà de la barre des 2% pour 2010 et 2011.

Marché du travail américain : un goût d’Europe ?

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par Philippe d'Arvisenet,  chef économiste chez BNP Paribas

Le ralentissement du déstockage et les mesures de soutien public à l’activité ont permis un vif rebond de la croissance américaine au deuxième semestre 2009, les indicateurs conjoncturels, comme l’ISM manufacturier, indiquent une activité soutenue début 2010.

Pour autant, le rythme de croissance attendu ultérieurement devrait se trouver modéré par la poursuite du désendettement des ménages qui doivent réajuster leur dette à un niveau de richesse plus bas, tandis que les effets de la fin du déstockage, des mesures de stimulation budgétaire et de dispositions exceptionnelles, mises en place par la Fed pour soutenir le marché immobilier, sont appelés à s’essouffler. On sait que la récession de 2008-2009, par sa profondeur et sa durée, va avoir des conséquences durables sur la croissance potentielle. Le retour au PIB potentiel prendra du temps.

Grèce : l’aléa moral, théorie et pratique...

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par Alexandre Bourgeois, économiste chez Natixis

Un auteur a écrit un jour : « la crise est une situation stimulante, il faut juste lui ôter le goût de la catastrophe ». S’ils adoptaient un angle optimiste, les dirigeants européens pourraient faire leur cette citation. Toutefois, les vieilles fractures qui semblent ré-émerger empêchent pour l’heure de tirer parti de la situation née de l’attaque spéculative ontre la Grèce.