Mondialisation

Le bon, la brute et le truand

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par Joshua McCallum, économiste chez UBS Asset Management

Nul ne sait quel chemin prendra l’économie mondiale. Mais nous pouvons au moins esquisser quelques issues possibles. Le Cyclical Market Forum d’UBS Global Asset Management, qui se réunit chaque trimestre, se prononce sur la vraisemblance de trois scénarios économiques et discute de leurs implications pour diverses catégories d’actifs.

Cet automne, le Forum a retenu trois scénarios: reprise économique, retour à la récession et «récession de la croissance», une voie moyenne où la croissance économique est si lente qu’elle est ressentie un peu comme une récession. Ce dernier scénario est arrivé en tête en termes de vraisemblance, suivi de la récession pure et simple. Nous présentons ci-après chacun de ces scénarios, en mettant l’accent sur ce à quoi pourrait ressembler une récession de la croissance dans les plus grandes économies mondiales.

Inflation targeting : la victoire de Bernanke

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par Marie-Pierre Ripert, économiste chez Natixis

Depuis son arrivée à la tête de la Réserve Fédérale américaine en 2006, Ben Bernanke n’a eu de cesse de promouvoir davantage de transparence dans la conduite de la politique monétaire. D’importantes étapes ont été progressivement franchies au cours des années avec en particulier l’avancée de la publication des Minutes (trois semaines après le FOMC vs 6 semaines), la publication de façon trimestrielle des projections du FOMC (vs 2 fois par an), la tenue de conférences de presse après certains FOMC (décidées en 2011).

Le FOMC du 25 janvier 2012 restera dans les annales avec d’importantes décisions.

Etats-Unis : embellie industrielle dans une économie toujours fragile

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par Laurent Berrebi, Directeur des études économiques de Groupama AM

La croissance est tirée par le besoin de renouvellement en biens durables de la part des ménages, réfréné pendant 3 ans. Des gains de pouvoir d’achat inexistants annoncent cependant, l’arrêt de cette embellie. Les revenus pourraient même se détériorer si la baisse de l’inflation, contrariée par la remontée des cours du brut, ne compense pas l’affaiblissement prochain des créations d’emplois, qui devraient tomber à 50 000 contre 150 000 en moyenne sur le dernier trimestre.

Etats-Unis/Zone euro : le grand écart

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par Marie-Pierre Ripert, économiste chez Natixis

Les prévisions de croissance de ce début d’année révèlent un écart important entre les perspectives américaines et européennes pour 2012. Nous anticipons un écart de croissance de 2 points entre la croissance des Etats-Unis et celle de la zone euro, les premiers à 2,1% alors que cette dernière enregistrerait une croissance nulle.

L’écart est encore plus marqué du côté du consensus, avec une prévision de croissance américaine à 2,2% et une récession européenne de 0,3%. Plusieurs facteurs, certains techniques d’autres purement économiques, expliquent une telle divergence.

Etats-Unis : Secteur manufacturier, le retour !

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par Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas

Le secteur manufacturier fait un retour en force aux Etats-Unis. On le disait fini, terrassé par la concurrence des pays disposant d’une main-d’œuvre bon marché. Mais la récession de 2008-2009 et la reprise qui a suivi ont changé la donne.

Premièrement, les coûts unitaires du travail ont baissé dans l’industrie manufacturière aux Etats-Unis, sous l’effet conjugué des gains de productivité et de la modération des salaires réels. Deuxièmement, les salaires sont en nette progression dans une bonne partie des pays émergents. Troisièmement, le niveau élevé des cours du pétrole renchérit le coût du transport. Autant de raisons pour lesquelles il est à présent rentable pour des entreprises manufacturières de rester aux Etats-Unis. Certaines y ont même été relocalisées !

Etats-Unis : 200.000 !

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par Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas

L'année 2011 s'est terminée sur une note très positive, la Chambre des Représentants ayant voté la proposition de loi du Sénat qui prolonge (de deux mois) le taux réduit des cotisations sociales et reconduit le rallongement des indemnités de chômage. Si ce vote ne remet certainement pas en cause la rigueur budgétaire pour l’ensemble de l’année, il laisse néanmoins au Congrès deux mois supplémentaires pour trouver une issue au débat sur le financement des mesures.

Inde : une position plus favorable aux investisseurs

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par Avinash Vazirani, gérant du fonds Jupiter India chez Jupiter AM

Bien que je pense que l’impact direct sur les investissements étrangers sera limité, notamment à cause des taxes d’enregistrement requises pour les investisseurs participants, la décision du gouvernement indique une position plus favorable aux investisseurs et c’est cela qui va probablement stimuler la confiance

Plus significativement, en 2012 la publication des données PMI (Purchasing Managers Index) pour décembre, à un niveau de 54.2, indique une croissance économique supérieure aux attentes. Je pense que la baisse de l’indice des actions en 2011 (plus de 20% en monnaie locale) - en plus de la dépréciation de la roupie (baisse de 19% face au dollar américain sur l’année) - maintient actuellement les valorisations des actions à un point d’entrée très attrayant pour les investisseurs.

Le bilan des marchés financiers 2011

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par Nic Brown, Sophie Chardon, Annabelle De Gaye, Nordine Naam, Solène Oberg, Cyril Regnat et Marie-Pierre Ripert, économistes chez Natixis

Si la crise des dettes souveraines européennes restera probablement comme l’événement économique majeur de l’année 2011, les marchés financiers auront également été affectés par d’autres développements importants, souvent étroitement liés à des événements politiques : les révolutions au Moyen-Orient qui se sont succédé tout au long de l’année, la catastrophe de Fukushima, sans oublier la dégradation de la note des Etats-Unis, avec l’imbroglio politique de cet été autour de la question de l’augmentation du plafond de la dette.

Etats-Unis : ralentissement marqué au début de l’année

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par Laurent Berrebi, Directeur des études économiques de Groupama AM

La croissance semble tenir grâce au dynamisme actuel de la consommation des ménages en biens durables. Dans le même temps, la confiance des ménages rebondit parallèlement à la décrue sensible du taux de chômage à 8,6%.

Néanmoins, la forte baisse du taux d’épargne qui a financé la hausse récente de la consommation en l’absence de hausse des revenus devrait s’arrêter, comme l’indique déjà sa remontée du mois d’octobre : les refinancements hypothécaires diminuent sensiblement et la situation financière des ménages se tend comme le montrent le ralentissement de la consommation de biens non durables, l’atonie de la consommation de services et l’écart important du taux d’épargne (3,6%) avec son niveau fondamental, entre 5% et 6%.

2011 s’achève, que nous réserve 2012 ?

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par Sylvain Broyer, économiste chez Natixis

L’année 2011 s’achève par un ralentissement généralisé de la croissance mondiale. Après un pic de croissance annuelle à +5,4% mi 2010, le PIB mondial n’augmente plus que de 3,7% annuel douze mois plus tard, encore un peu au dessus de son potentiel.

Les pays émergents ne se sont pas soustraits à ce ralentissement, largement anticipé puisqu’il exprime la fin des stimuli fiscaux et celle du cycle de restockage après la récession de 2008-2009, ainsi qu’un choc inflationniste par les matières premières. Sur la même période, l’inflation mondiale a en effet accéléré de presque deux points de pourcentage, pour atteindre 4,6% en septembre 2011.